Un partenariat original pour une opération de sensibilisation grand public.
Le Lions Clubs International, première ONG mondiale,
La Ligue Roc, association en faveur de protection de la biodiversité présidée par Hubert Reeves
et, L’EFFET COLIBRI
se sont rassemblées autour d’un projet commun, sensibiliser le public aux enjeux de la biodiversité.
Ensemble, nous avons réalisé un film documentaire de 26 minutes : Humanisme, biodiversité et développement durable bientôt accessible dans notre rubrique
reportage.
Retard des montagnes dans le développement durable : - Une politique de transport très peu volontariste… et des manques de coopération entre les régions, l’Etat, les départements…
- Des politiques publiques de développement touristique encore très classiques n’appelant pas de changements radicaux
- Lenteurs et inerties sur la protection des espaces naturels (ex: Echec du Parc International du Mont Blanc, difficultés des parcs nationaux, le manque d’ambition des parcs
régionaux….)
- Une politique de protection de l’eau très faible: énorme enjeu pour tous (ex de Barcelone….)
- Une poursuite des volontés locales (élus et professionnels) d’expansion et de développement des domaines skiables et de l’étalement des stations
Des initiatives encourageantes :
En France 9 stations font leur bilan carbone.
C’est un point de départ.
Cependant, on connaît déjà les principaux éléments du diagnostic
!
75 % des émissions = transports des touristes
20 % des émissions = hébergements
…..Mais il faudrait tenir compte aussi :
De l’énergie pour la neige de culture….
Des émissions liées aux transport de marchandises
Nous étions à Bolzano, pour la conférence internationale sur le climat qui
s’est tenue le 2 et 3 avril dernier. Une occasion unique de pouvoir échanger sur les solutions innovantes mises en place par nos amis européens pour tendre vers l’autarcie énergétique. Nous
avons eu l’opportunité de visiter une usine de méthanisation et de débattre sur notre problématique commune à savoir le réchauffement climatique et l’incidence notamment sur l’industrie
touristique des Alpes.
Vous retrouverez sur cette page internet les présentations, les résumés des
Workshops et les interviews réalisées pendant la conférence : http://www.cipra.org/fr/cc.alps/conference.
Le lycée le Buat s'est engagé depuis 4 ans, dans une démarche d'éducation au Développement Durable. La
démarche retenue est de rendre les élèves acteurs de leurs actions «fait par des élèves pour des élèves»
Ainsi les élèves organisent la semaine du Développement Durable, réalisent des opérations de nettoyage et
d'étude de la rivière la Mauldre, étudient les oiseaux (baguage) et préservent la biodiversité (nichoirs, mangeoires). Ces activités sont réalisées avec l'appui de partenaires (WWF, LPO, Max
Havelaar, SIEED, l'Effet Colibri).
Toutes ces activités contribuent aux trois objectifs de l'établissement :
- former des écocitoyens (sensibilisation);
- former des professionnels éco-responsables;
- gérer l'établissement de façon à aller vers un développement durable.
Afin de consolider cette dynamique, l'établissement s'est engagé dans un projet Eco-école. La démarche
Eco-école a permis de :
- dégager un thème commun : la gestion des déchets,
- associer élèves, enseignants et personnels dans un projet fédérateur,
- faire travailler différents groupes d'élèves sur des thématiques communes,
Le projet sur la gestion des déchets s'est concrétisé par des activités de diagnostic, de sensibilisation, la
mise en place du tri sélectif dans tout l'établissement, la création d'un espace de compostage.
L'attribution du label Eco-école valoriserait ce travail d'une année, le résultat sera connu en
juin.
Entretien avec Michel Isaac, actuellement Gouverneur du District 103 (Nord, Pas de Calais,
Aisne, Somme et Oise) du Lions Club International et porteur d’un projet de documentaire sur le développement durable et la biodiversité.
Lorsque nous rencontrons pour la première fois Michel Isaac, nous y allons avec la certitude des idées
préconçues qui transparaissent de cette organisation : un club bourgeois très fermé dont les femmes sont exclues et qui, sous couvert d’actions humanitaires de façade, développe un niveau de
vie outrageusement proche de ce que le développement durable honnit.
Le premier contact conforte nos impressions : si nous devions caricaturer ce que représente le Lions
Club, ce serait certainement sous des traits approchant ceux de Michel Isaac.
Logiquement, nous nous demandons alors ce que nous faisons ici…
Mais progressivement toutes nos convictions vont s’écrouler et le fil de la discussion nous dévoilera un
personnage passionnant et attachant : Michel Isaac est convaincu et sait transmettre sa passion :
L'Effet Colibri :
Bonjour Monsieur Isaac, parlez-nous du Lions Club et de votre engagement vers le développement
durable.
Michel Isaac :
Le Lions Club International est né il y a 90 ans et correspondait à la société d’alors : Société de
nations, essentiellement articulée autour de notables (perçus comme nantis et bourgeois).
(Jusqu’ici, rien de nouveau !)
La France compte 30 000 Lions (1,3 millions dans le monde, dans plus de 200 pays)
Les Lions se veulent des acteurs de la société : ils regroupent aussi bien des professions libérales,
que des chefs d’entreprise, des enseignants, responsables d‘associations etc. …
(C’est bien une confirmation de nos idées !)
Il souffre de cette réputation car elle n’est plus justifiée actuellement : la société a évolué et le
Lions Club s’est adapté en intégrant la mixité présente dans le monde d’aujourd’hui et en accroissant la diversité des statuts sociaux: en France 30% des Lions sont aujourd’hui des femmes.
Cette évolution se poursuit.
(Ça c’est nouveau !)
Ma mission avec l’ensemble des Lions est de faire émerger l’image et la raison d’être, du « LIONS CLUBS
INTERNATIONAL » à travers notre philosophie Humaniste et nos comportements (Ethique) et actions, qui en découlent. Notre mouvement comme beaucoup d’autres et comme nos sociétés occidentales
prend conscience de s’être souvent égaré dans le modèle économique qui favorise une culture de consommation, assis sur la croyance en une nature aux ressources inépuisables et
infinies.
Alors, avec notre philosophie Humaniste qui reste la même, notre objectif devient de la mettre en phase avec
les réalités d’aujourd’hui.
LEC : Concrètement, comment se traduit cette volonté du Lions Club de promouvoir
« l’Humanisme »?
MI : Le Lions Club International est très actif sur des projets humanitaires :
Le SOC (Sciences, Outils, Culture) a pour objectif de développer la culture en Afrique essentiellement de la
pomme de terre : ce légume apparaît comme un enjeu vital pour l’alimentation des populations avec son apport énergétique et sa facilité de culture.
LEC : Ces engagements sont très louables, mais n’y a-t-il pas aussi des choses à faire plus près de chez
nous ?
MI : Dès 2006 nous avons lancé une réflexion prospective sur l’adéquation du Lions Club aux nouvelles
interrogations qui s’imposent à nous, et à la manière dont notre mouvement pourrait continuer à peser dans la société en collant aux préoccupations actuelles : démographie, expérence de vie,
changement climatique, eau, limites énergétiques etc.
De cette réflexion est née la volonté de transmettre l’information sur les sujets que nous avons finalement
dédiés au développement durable.
LEC : Pour vous et lors de vos interventions, qu’est ce que le développement
durable ?
MI : La définition que nous avons retenue :
« Le Développement Durable c’est s’efforcer de répondre aux besoins du
présent, sans compromettre la capacité de satisfaire ceux des générations futures »
En tout premier lieu, la question que nous nous posons et qui fait souvent réfléchir est :
« le développement est-il une « bonne voie » à suivre ? »
Aujourd’hui tout le monde se met au développement durable, tout le monde en parle : cette
sur-médiatisation peut même être préjudiciable aux enjeux profonds du domaine.
En s’attachant à ce sujet, le Lions Club International, comme d’autres acteurs récents risque d’être
considéré comme « suiveur » d’un mouvement de mode : il n’en est rien : l’Humanisme est depuis le début de l’existence de notre mouvement au cœur de ces préoccupations, et
nous sommes nous aussi sur ce sujet depuis maintenant 3 ans.
A partir de mon District Nord (Nord, Pas de Calais, Aisne, Somme et Oise) et avec Roland Looses
(Président du Conseil des Gouverneurs du Lions Club), nous avons obtenu l’adhésion à cette volonté durable des 15 autres districts en France cette année.
Le principe est surtout d’aborder les sujets sous forme d’interrogations et non d’opinions, les
interrogations majeures sont l’affaire de tous, les opinions l’affaire de chacun. Notre objectif est rassembler autour de la validité des questions à ce poser et de convaincre, par des réponses
crédibles, c’est la raison de nos partenariats avec les meilleurs experts dans ces domaines en particulier l’équipe qui entoure Hubert REEVES.
LEC : Comment faites-vous concrètement ?
MI : Concrètement cet engagement se traduit par des cycles de conférences publiques ou auprès des
collégiens et lycéens, de relais d’information. Les discours et conférences dispensés touchent beaucoup de monde (jeunes ou moins jeunes).
LEC : N’avez-vous pas le sentiment que souvent ces conférences n’intéressent que ceux qui se sentent
déjà très concernés… et qui finalement n’ont pas besoin d’être convaincus ?
MI : L’avantage du Lions Club International réside dans sa notoriété déjà existante : cela permet
d’attirer aux conférences toute sorte de public et pas uniquement une population déjà au fait des différents enjeux.
De plus le fait que ces conférences soient co-animées par Hubert Reeves astrophysicien de renommée
internationale ou par ses équipes scientifiques augmente l’attrait pour assister à une conférence du Lions Club avec eux. Le sujet bénéficie de ce double effet multiplicateur : grâce à cela
nous touchons de plus en plus de monde.
Hubert Reeves, nous indique : « au crépuscule de mon existence, j’ai le désir de transmettre toutes
les connaissances acquises aux générations futures ».
Ce conférencier passionnant et captivant animera la convention nationale du Lions Club le 28 mai 2009, à
TOURS.
Croyez-moi, lorsqu’Hubert Reeves parle de réchauffement climatique à notre jeunesse, il est très
écouté.
Pour améliorer ces conférences, nous participons avec La Ligue ROC, l’association dont Hubert Reeves est le
président fondateur, à la réalisation d’un documentaire de 26 minutes.
Ce projet est également partagé avec l’association Inspire : Emmanuel Delannoy avec qui nous avons
collaboré pour l’écriture du synopsis de ce projet.
L’association des « Donneurs de voix » (qui offre gratuitement des enregistrements d’œuvre
livresques aux non voyants), nous fournira les voix off qui illustreront les différents sujets de ce DVD.
Ce documentaire de 26 minutes sera diffusé en appui des conférences et différentes interventions publiques
organisées par le Lions club et autres partenaires agréés.
LEC : Réchauffement climatique et biodiversité, ce sont des sujets d’avenir : comment faites-vous
le lien entre ces 2 sujets… et avec le temps présent ?
MI : Ces sujets sont extrêmement actuels :
Je suis ingénieur mécanicien à la retraite mais je suis depuis toujours passionné par la sylviculture (gestion de la forêt): quand je plante
un arbre, je sais que ce n’est pas pour moi, mais pour mes enfants ou mes petits enfants… quand je profite de la beauté d’un arbre, je sais que je n’y suis pour rien mais qu’il vient des
parents ou des grands-parents.
La science des arbres est le domaine par excellence qui transcende les générations, les politiques de
plantation de grandes forêts au moyen âge avaient plusieurs siècles de vision.
La gestion d’une forêt est le plus bel exemple que je connaisse de développement durable. Aujourd’hui, cette
notion de durée et durabilité s’est estompée, les objectifs actuels sont principalement à court terme et d’abord financiers.
Vous savez qu’en France la surface totale forestière est de l’ordre de 25 à 28% de notre territoire, la
région du Nord est à 8 à 10%, donc sous boisé par rapport au reste du pays et il semble que c’est dans cette région que l’on trouve le plus d’affections du système respiratoire. Indépendamment de
sa capacité à absorber du gaz carbonique et de produire de l’oxygène les forêts peuvent absorber plusieurs tonnes de poussières par hectares et an !
N’avons nous pas la un lien direct entre la nature et la santé de toutes les espèces animales.
LEC : Et le réchauffement climatique mis en évidence par les experts du GIEC ?
MI : A l’autre bout du monde, l’Australie est une région qui souffre déjà aujourd’hui de manière
concrète des conséquences du réchauffement climatique : nous assistons déjà à une chute des rendements agricoles et à une perte de 25% de sa capacité globale en eau : ce sera très
certainement le premier pays au monde qui devra développer de manière efficace les techniques de désalinisation de l’eau de mer… malheureusement le coût de ces techniques empêchera probablement
les pays moins avancés d’y avoir accès.
A notre porte, il est avéré que ce phénomène modifiera en profondeur le paysage forestier des
régions : les différentes essences vont migrer vers le Nord. Aujourd’hui déjà pour anticiper sur cette évolution, certaines essences historiques des forêts du Nord sont déconseillées dans
les nouvelles plantations. Elles ne résisteront pas aux conditions climatiques prévisibles dans 30 à 50 ans !
Le changement climatique est une réalité planétaire actuelle, nos experts sont majoritairement
convaincus qu’il est du en grande partie à l’activité humaine lors de ces quelques dernières dizaines d’années. Nous devons nous en préoccuper dès aujourd’hui. Nos échanges avec tous les experts
et associations partenaires, nous orientent vers 2 axes forts d’actions, pour inverser toutes ces tendances.
LEC : Quelles relations ou interactions voyez-vous entre votre engagement et celui de L'Effet
Colibri ?
MI : Je ne connaissais pas cette légende amérindienne qui montre que la part du colibri si petite
soit-elle est très importante. Je la trouve parfaitement adaptée à notre situation. Beaucoup d’interlocuteurs, lorsqu’ils sont confrontés aux enjeux du développement durable, me demandent :
« mais que pouvons-nous y faire ? »
Chacun doit faire sa part et apporter sa goutte d’eau pour qu’ensemble nous puissions changer les
choses.
L'Effet Colibri a décidé de démultiplier la sensibilisation à ces enjeux et c’est là que nous nous
rejoignons : il est « URGENT » de changer les choses, mais si tout le monde s’y met dès maintenant, ça peut être encore possible.
Le documentaire que nous réalisons, les conférences que nous organisons ont besoin de tous les soutiens sans
concurrence. Notre action est une goutte d’eau, la vôtre aussi,… et si nous réussissons à unir toutes ces gouttes d’eau, nous aurons sans doute une chance d’éteindre l’incendie.
Les « Stoïques » au sens Antique du terme avaient un mode de vie basé sur l’opiniâtreté et la
ténacité : nous devons reprendre cette philosophie pour régir notre action : aller au bout de nos convictions contre vents et marées.
LEC : Merci Mr Isaac de nous avoir fait l’immense honneur de partager avec nous votre vision éthique et humaniste de ce que devrait être la société : nos convictions se
rejoignent, et je vous remercie également d’avoir apporté un éclairage actuel sur l’action et la philosophie du Lions Club International.
A l'occasion des journées portes ouvertes au Lycée Le Buat, des étudiants en Bac Pro ont organisé des débats avec les visiteurs en s'appuyant sur un film qu'ils
ont eux-même réalisé "Développement Durable".
Elodie, Marie-Anne, Klara, Ghislaine, Etienne, Alexis et Christopher ont mis en image avec talent les problèmes mondiaux qui se posent aujourd'hui. Un coup de chapeau tout particulier pour
Christopher et Alexis au montage!
"L'idée de ce film nous est venue pour la semaine du développement durable au lycée le Buat à Maule. Nous voulions exprimer l'idée que l'homme, depuis sa
création à passé plus de temps à se battre que penser à la Terre. Aujourd'hui il n'y a plus qu'un seul combat vital: Notre planète pour les générations à venir. La solution viendra-t'elle au
moment de la destruction? C'est quand il n'y aura plus de solutions qu'il faudra agir? Nos vies sont éphémères mais les traces que nous laissons sur notre environnement resteront gravées pour les
siècles à venir. Nous voulions permettre aux élèves de notre lycée de pouvoir exprimer leurs opinions sur le sujet: Vous sentez vous concerné par l'état de notre planète? Etes-vous satisfait du
Monde que vous laisserez à vos enfants? Cela nous permettait de nous rendre compte de la détermination des élèves de notre lycée à agir...Et Vous?"