Rencontre avec le Lions Club

Publié le par L'Effet Colibri


Entretien avec Michel Isaac, actuellement Gouverneur du District 103 (Nord, Pas de Calais, Aisne, Somme et Oise) du Lions Club International et porteur d’un projet de documentaire sur le développement durable et la biodiversité.

 

Lorsque nous rencontrons pour la première fois Michel Isaac, nous y allons avec la certitude des idées préconçues qui transparaissent de cette organisation : un club bourgeois très fermé dont les femmes sont exclues et qui, sous couvert d’actions humanitaires de façade, développe un niveau de vie outrageusement proche de ce que le développement durable honnit.

Le premier contact conforte nos impressions : si nous devions caricaturer ce que représente le Lions Club, ce serait certainement sous des traits approchant ceux de Michel Isaac.

Logiquement, nous nous demandons alors ce que nous faisons ici…

 

Mais progressivement toutes nos convictions vont s’écrouler et le fil de la discussion nous dévoilera un personnage passionnant et attachant : Michel Isaac est convaincu et sait transmettre sa passion :

 

L'Effet Colibri :

Bonjour Monsieur Isaac, parlez-nous du Lions Club et de votre engagement vers le développement durable.

 

Michel Isaac :

Le Lions Club International est né il y a 90 ans et correspondait à la société d’alors : Société de nations, essentiellement articulée autour de notables (perçus comme nantis et bourgeois).

 (Jusqu’ici, rien de nouveau !)

 

La France compte 30 000 Lions (1,3 millions dans le monde, dans plus de 200 pays)

Les Lions se veulent des acteurs de la société : ils regroupent aussi bien des professions libérales, que des chefs d’entreprise, des enseignants, responsables d‘associations etc. …

(C’est bien une confirmation de nos idées !)

 

Il souffre de cette réputation car elle n’est plus justifiée actuellement : la société a évolué et le Lions Club s’est adapté en intégrant la mixité présente dans le monde d’aujourd’hui et en accroissant la diversité des statuts sociaux: en France 30% des Lions sont aujourd’hui des femmes. Cette évolution se poursuit.

(Ça c’est nouveau !)


Ma mission avec l’ensemble des Lions est de faire émerger l’image et la raison d’être, du « LIONS CLUBS INTERNATIONAL » à travers notre philosophie Humaniste et nos comportements (Ethique) et actions, qui en découlent. Notre mouvement comme beaucoup d’autres et comme nos sociétés occidentales prend conscience de s’être souvent égaré dans le modèle économique qui favorise une culture de consommation, assis sur la croyance en une nature aux ressources inépuisables et infinies.

Alors, avec notre philosophie Humaniste qui reste la même, notre objectif devient de la mettre en phase avec les réalités d’aujourd’hui.

 

LEC : Concrètement, comment se traduit cette volonté du Lions Club de promouvoir « l’Humanisme »?

 

MI : Le Lions Club International est très actif sur des projets humanitaires :

 

Le SOC (Sciences, Outils, Culture) a pour objectif de développer la culture en Afrique essentiellement de la pomme de terre : ce légume apparaît comme un enjeu vital pour l’alimentation des populations avec son apport énergétique et sa facilité de culture.

 

LEC : Ces engagements sont très louables, mais n’y a-t-il pas aussi des choses à faire plus près de chez nous ?

 

MI : Dès 2006 nous avons lancé une réflexion prospective sur l’adéquation du Lions Club aux nouvelles interrogations qui s’imposent à nous, et à la manière dont notre mouvement pourrait continuer à peser dans la société en collant aux préoccupations actuelles : démographie, expérence de vie, changement climatique, eau, limites énergétiques etc.

 

De cette réflexion est née la volonté de transmettre l’information sur les sujets que nous avons finalement dédiés au développement durable.

 

LEC : Pour vous et lors de vos interventions, qu’est ce que le développement durable ?

 

MI : La définition que nous avons retenue :

« Le Développement Durable c’est s’efforcer de répondre aux besoins du présent, sans compromettre la capacité de satisfaire ceux des générations futures »

 

En tout premier lieu, la question que nous nous posons et qui fait souvent réfléchir est :

« le développement est-il une « bonne voie » à suivre ? »

 

Aujourd’hui tout le monde se met au développement durable, tout le monde en parle : cette sur-médiatisation peut même être préjudiciable aux enjeux profonds du domaine.

En s’attachant à ce sujet, le Lions Club International, comme d’autres acteurs récents risque d’être considéré comme « suiveur » d’un mouvement de mode : il n’en est rien : l’Humanisme est depuis le début de l’existence de notre mouvement au cœur de ces préoccupations, et nous sommes nous aussi sur ce sujet depuis maintenant 3 ans.

 

A partir de mon District Nord (Nord, Pas de Calais, Aisne, Somme et Oise)  et avec Roland Looses (Président du Conseil des Gouverneurs du Lions Club), nous avons obtenu l’adhésion à cette volonté durable des 15 autres districts en France cette année.

 

Le principe est surtout d’aborder les sujets sous forme d’interrogations et non d’opinions, les interrogations majeures sont l’affaire de tous, les opinions l’affaire de chacun. Notre objectif est rassembler autour de la validité des questions à ce poser et de convaincre, par des réponses crédibles, c’est la raison de nos partenariats avec les meilleurs experts dans ces domaines en particulier l’équipe qui entoure Hubert REEVES.

 

LEC : Comment faites-vous concrètement ?

 

MI : Concrètement cet engagement se traduit par des cycles de conférences publiques ou auprès des collégiens et lycéens, de relais d’information. Les discours et conférences dispensés touchent beaucoup de monde (jeunes ou moins jeunes).

 

LEC : N’avez-vous pas le sentiment que souvent ces conférences n’intéressent que ceux qui se sentent déjà très concernés… et qui finalement n’ont pas besoin d’être convaincus ?

 

MI : L’avantage du Lions Club International réside dans sa notoriété déjà existante : cela permet d’attirer aux conférences toute sorte de public et pas uniquement une population déjà au fait des différents enjeux.

De plus le fait que ces conférences soient co-animées par Hubert Reeves astrophysicien de renommée internationale ou par ses équipes scientifiques augmente l’attrait pour assister à une conférence du Lions Club avec eux. Le sujet bénéficie de ce double effet multiplicateur : grâce à cela nous touchons de plus en plus de monde.

 

Hubert Reeves, nous indique : « au crépuscule de mon existence, j’ai le désir de transmettre toutes les connaissances acquises  aux générations futures ».

Ce conférencier passionnant et captivant animera la convention nationale du Lions Club le 28 mai 2009, à TOURS.

 

Croyez-moi, lorsqu’Hubert Reeves parle de réchauffement climatique à notre jeunesse, il est très écouté.

 

Pour améliorer ces conférences, nous participons avec La Ligue ROC, l’association dont Hubert Reeves est le président fondateur, à la réalisation d’un documentaire de 26 minutes.

Ce projet est également partagé avec l’association Inspire : Emmanuel Delannoy avec qui nous avons collaboré pour l’écriture du synopsis de ce projet.

L’association des « Donneurs de voix » (qui offre gratuitement des enregistrements d’œuvre livresques aux non voyants), nous fournira les voix off qui illustreront les différents sujets de ce DVD.

 

Ce documentaire de 26 minutes sera diffusé en appui des conférences et différentes interventions publiques organisées par le Lions club et autres partenaires  agréés.

 

LEC : Réchauffement climatique et biodiversité, ce sont des sujets d’avenir : comment faites-vous le lien entre ces 2 sujets… et avec le temps présent ?

 

MI : Ces sujets sont extrêmement actuels :

Je suis ingénieur mécanicien à la retraite mais je suis depuis toujours  passionné par la sylviculture (gestion de la forêt): quand je plante un arbre, je sais que ce n’est pas pour moi, mais pour mes enfants ou mes petits enfants… quand je profite de la beauté d’un arbre, je sais que je n’y suis pour rien mais qu’il vient des parents ou des grands-parents.

 

La science des arbres est le domaine par excellence qui transcende les générations,  les politiques de plantation de grandes forêts au moyen âge avaient plusieurs siècles de vision.

 

La gestion d’une forêt est le plus bel exemple que je connaisse de développement durable. Aujourd’hui, cette notion de durée et durabilité s’est estompée, les objectifs actuels sont principalement à court terme et d’abord financiers.

 

Vous savez qu’en France la surface totale forestière est de l’ordre de 25 à 28% de notre territoire, la région du Nord est à 8 à 10%, donc sous boisé par rapport au reste du pays et il semble que c’est dans cette région que l’on trouve le plus d’affections du système respiratoire. Indépendamment de sa capacité à absorber du gaz carbonique et de produire de l’oxygène  les forêts peuvent absorber plusieurs tonnes de poussières par hectares et an !

N’avons nous pas la un lien direct entre la nature et la santé de toutes les espèces animales.

 

LEC : Et le réchauffement climatique mis en évidence par les experts du GIEC ?

 

MI : A l’autre bout du monde, l’Australie est une région qui souffre déjà aujourd’hui de manière concrète des conséquences  du réchauffement climatique : nous assistons déjà à une chute des rendements agricoles et à une perte de 25% de sa capacité globale en eau : ce sera très certainement le premier pays au monde qui devra développer de manière efficace les techniques de désalinisation de l’eau de mer… malheureusement le coût de ces techniques empêchera probablement les pays moins avancés d’y avoir accès.

 

A notre porte, il est avéré que ce phénomène modifiera en profondeur le paysage forestier  des régions : les différentes essences vont migrer vers le Nord. Aujourd’hui déjà pour anticiper sur cette évolution, certaines essences historiques des forêts du Nord sont déconseillées dans les nouvelles plantations. Elles ne résisteront pas aux conditions climatiques prévisibles dans 30 à 50 ans !

 

Le changement climatique est une réalité planétaire actuelle, nos experts sont majoritairement  convaincus qu’il est du en grande partie à l’activité humaine lors de ces quelques dernières dizaines d’années. Nous devons nous en préoccuper dès aujourd’hui. Nos échanges avec tous les experts et associations partenaires, nous orientent vers 2 axes forts d’actions, pour inverser toutes ces tendances.

 

LEC : Quelles relations ou interactions voyez-vous entre votre engagement et celui de L'Effet Colibri ?

 

MI : Je ne connaissais pas cette légende amérindienne qui montre que la part du colibri si petite soit-elle est très importante. Je la trouve parfaitement adaptée à notre situation. Beaucoup d’interlocuteurs, lorsqu’ils sont confrontés aux enjeux du développement durable, me demandent : « mais que pouvons-nous y faire ? »

Chacun doit faire sa part et apporter sa goutte d’eau pour qu’ensemble nous puissions changer les choses.

L'Effet Colibri a décidé de démultiplier la sensibilisation à ces enjeux et c’est là que nous nous rejoignons : il est « URGENT » de changer les choses, mais si tout le monde s’y met dès maintenant, ça peut être encore possible.

Le documentaire que nous réalisons, les conférences que nous organisons ont besoin de tous les soutiens sans concurrence. Notre action est une goutte d’eau, la vôtre aussi,… et si nous réussissons à unir toutes ces gouttes d’eau, nous aurons sans doute une chance d’éteindre l’incendie.

 

Les « Stoïques » au sens Antique du terme  avaient un mode de vie basé sur l’opiniâtreté et la ténacité : nous devons reprendre cette philosophie pour régir notre action : aller au bout de nos convictions contre vents et marées.


LEC : Merci Mr Isaac de nous avoir fait l’immense honneur de partager avec nous votre vision éthique et humaniste de ce que devrait être la société : nos convictions se rejoignent, et je vous remercie également d’avoir apporté un éclairage actuel sur l’action et la philosophie du Lions Club International.

 


Gil Doat pour L'Effet Colibri

Publié dans De belles rencontres

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