La norme RSE ISO26000 : Quels indicateurs pour demain ?

Publié le par L'Effet Colibri

 

L'Effet Colibri participe à la rédaction de la future norme de Responsabilité Sociétale des Entreprises via le réseau PACA RSE ISO26000

Le réseau PACA sur la norme RSE ISO26000 s’est réuni le jeudi 12 novembre à l'Europôle de l'Arbois à Aix en Provence

 

La matinée a été l'occasion d'échanger sur les différents points de la norme : actuellement le groupe de normalisation en est à la phase de consultation des pays :

La France doit rendre tous ses commentaires avant le 12 février 2010, date du vote

 

Beaucoup d'échanges ont été faits l'après midi autour des considérations sociales de l'entreprise, avec notamment une présentation de l'éco-socio-conception.

 

Ces discussions ont servi à constater que la norme est assez éloignée des problématiques quotidiennes des PME : les grands principes sont énoncés mais il manque une boite à outils qui puisse être mise en application.

 

Le groupe de travail réfléchit sur la façon d'aborder ce thème après le mois de février.

 

Pourquoi la norme a-t-elle du mal à séduire les entreprises aujourd'hui ?

Un élément de réponse est dans la crise que nous traversons et qui oriente les stratégies malheureusement sur des vues court termistes avec des objectifs financiers prépondérants. Ces objectifs financiers sont au cœur des préoccupations car tout le monde les observe avec attention (banquiers, actionnaires, clients, employés,...)

Or, tout le monde est d'accord pour dire que l'impact sur l'environnement n'étant pas chiffré, une entreprise qui fait des efforts sur ce sujet ne sera pas valorisée ni dans son bilan, ni dans son compte de résultat. Il en est de même pour les avancées sociales qu'elle pourrait mettre en œuvre.

 

Donc forcément, une norme qui ne sert qu'à développer des critères qui ne seront jamais valorisés n'a pas un intérêt prépondérant dans la situation actuelle.

 

Pourtant, on peut rapprocher cette discussion avec la commission sur laquelle travaillent en ce moment Joseph Stiglitz et Amartya Sen pour étudier un éventuel indicateur de remplacement au PIB (Produit Intérieur Brut). Le PIB d'un pays ne mesure que la valeur des transactions effectuées dans ce pays (ce qui est assimilé à sa richesse).

Donc lors d'une marée noire, par exemple, le PIB d'un pays augmente (déplacements des personnes, bénévoles ou journalistes et politiques, procédures de justice, frais d'avocats,...).

Doit-on considérer qu'une marée noire enrichit un pays ?

Amartya Sen avait déjà développé un indicateur (l'Indice de développement humain : IDH) qui mesure pour un pays à part égale 3 éléments :

  • son PIB

  • son taux d'alphabétisation

  • son espérance de vie à la naissance

 

Il a été demandé au groupe de travail de la norme ISO 26000 de réfléchir justement sur la mise en œuvre d'indicateurs simples pour les entreprises qui pourraient mesurer leur « richesse durable » et qui prendraient en compte leurs avancées environnementales et sociales au même titre que leur résultat financier.

 

Et si ce nouvel indicateur devenait force de proposition auprès des normes comptables internationales ???

 

Osons rêver à un monde où chaque entreprise, chaque pays, chaque individu pourrait se challenger non plus sur la taille de son portefeuille mais sur sa contribution à un monde meilleur et pour le bien-être de tous.

Publié dans Nous agissons !

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